Antoine de Riedmatten, Président d’In Extenso : « Notre développement va passer par une place accrue du conseil »

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Le cabinet d’expertise comptable In Extenso a récemment pris son indépendance par rapport à Deloitte. Rencontre avec son Président Antoine de Riedmatten, qui présente son entreprise et sa stratégie de croissance.

Pouvez-vous nous présenter In Extenso ?

In Extenso est un cabinet d’expertise comptable qui couvre l’ensemble du territoire français, avec 250 agences. Il sert 100 000 clients TPE-PME pour un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros.

In Extenso a récemment pris son indépendance par rapport à Deloitte. Pourquoi cette décision ?

Nous avons été créés par Deloitte il y a 28 ans en 1991 et à l’époque, il s’agissait de réserver la marque Deloitte pour les grands comptes et de mettre en place une marque dédiée aux petits clients.

In Extenso a été créé à cette occasion. Ce métier représentait alors 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, aujourd’hui portés à 400 millions. Nous avions ainsi les conditions pour prendre notre indépendance, en termes de taille, de maillage géographique, de maturité… Nous avions notamment une taille nous permettant d’être dans les trois acteurs les plus importants du secteur.

Les conditions étaient réunies. Et l’élément déclencheur est que nous sommes à une période où il faut investir, que ce soit sur les petits ou les grands clients. La révolution digitale touche tout le monde. Mais dans ce contexte, l’investissement dans le numérique sur nos métiers n’était pas prioritaire côté Deloitte alors que pour nous, en tant qu’Associé In Extenso, il fallait agir dès maintenant, sans attendre. Cette volonté de disposer des moyens requis pour investir et réaliser notre transformation a été l’élément déclencheur.

Quelle est votre stratégie de croissance ?

Elle est double : croissance externe et croissance interne.

Nous avons toujours procédé par croissances externes. C’est un facteur essentiel qui explique la hausse de notre chiffre d’affaires de 10 à 400 millions d’euros. Chaque année, nous effectuons entre 5 et 10 croissances externes. Et nous allons poursuivre cette dynamique.

A côté, notre développement va passer par une place accrue du conseil, notamment auprès des PME. Cela supposera également un renforcement dans certaines activités de conseil – avocats, financement de l’innovation, fusions-acquisitions – afin d’atteindre la taille critique.

Pour finir, vous avez déclaré vouloir « réinventer le métier d’expert-comptable en répondant aux défis de la transformation numérique ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Nous sommes une industrie qui s’est jusqu’alors surtout focalisée sur le passé, puisque nous établissions les comptes plusieurs mois après la clôture de l’exercice, et que nous expliquions à nos clients des faits advenus depuis un certain temps.

Aujourd’hui, notre objectif est de travailler sur le présent, c’est-à-dire proposer des tableaux de bord et des aides à la gestion pour les entreprises. Cela suppose une comptabilité en temps réel. D’où l’importance du numérique à cet égard. Ensuite, avec le présent, nous embarquons l’étape suivante, qui est le futur, avec tout l’aspect prévisionnel.

Je parle ainsi de réinvention pour désigner cette mutation d’une profession jusqu’alors surtout consacrée au passé et qui doit aujourd’hui se tourner vers le présent et le futur. C’est du reste bien évidemment en parlant du présent et du futur que le rôle de conseil prend toute sa dimension.

Propos recueillis par Hugues Robert

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